Bilinguisme : l’étonnant cerveau des bilingues

Pascale Chauvot

17 Août 2016

De récentes études ont prouvé que les bilingues seraient touchés plus tardivement par les maladies cérébrales telles qu’Alzheimer ou la démence. Résultats intéressants qui prouvent qu’au delà de l’aspect pratique, parler plusieurs langues participe à la bonne santé de votre cerveau. Découvrez dans cet article les bienfaits du bilinguisme.

Le bilinguisme, ça aide pour des raisons évidentes

Partir vivre et travailler à l’étranger, apprécier la littérature étrangère, comprendre le patrimoine artistique d’une autre culture…Parler plusieurs langues présente en effet des avantages certains.

La nécessité du bilinguisme

Dans d’autres pays, certaines communautés d’expatriés sont si vastes que la langue des expatriés est acceptée, même s’il ne s’agit pas d’une langue locale

Dans certains pays, parler deux langues est essentiel, car le quotidien des individus implique des interactions avec d’autres locaux parlant une langue différente. Cela s’avère assez courant par exemple :

  • en Inde
  • en Malaisie
  • au Nigeria

Dans d’autres pays, certaines communautés d’expatriés sont si vastes que la langue des expatriés est acceptée, même s’il ne s’agit pas d’une langue locale.

Dans les pays du Golfe, par exemple, l’anglais est plus parlé au quotidien que l’arabe, qui est pourtant la langue officielle.

Le bilinguisme, une source de fierté

Il existe un autre groupe d’individus pour lequel le multilinguisme est une preuve de réussite académique, et probablement le résultat d’un patrimoine historique fortement marqué par les échanges internationaux.

  • Les Pays-Bas
  • Le Liban illustrent cette idée

Les freins au bilinguisme

Le multilinguisme n’est pas toujours valorisé.

  • Le cas des Etats-Unis en est un parfait exemple : les immigrés devaient abandonner leur langue maternelle et apprendre rapidement la langue locale en arrivant au Nouveau Monde.

Ainsi, de nombreux Américains ne parlent qu’anglais, même si leur nom de famille est clairement allemand, vietnamien ou arménien.

  • Le même constat peut être fait dans la plupart des pays d’Amérique Latine, où il arrive que des individus au nom japonais ou arabe ne parlent qu’espagnol ou portugais, notamment si cela fait plusieurs générations que la famille est installée dans le pays en question.

Il s’avère que les anglophones sont en général monolingues et constituent donc une exception dans un monde où le multilinguisme est la norme, comme l’affirme le rapport de l’UENESCO consacré au sujet :

En général, toutefois, les contextes bilingues et multilingues, c’est-à-dire la présence de différences linguistiques au sein du même pays, sont plutôt la norme que l’exception à travers le monde, tant au Nord qu’au Sud. Dans ce contexte, le bilinguisme et le multilinguisme, c’est-à-dire l’emploi de plus d’une langue dans la vie quotidienne, représentent la pratique normale.

L’une des raisons du monolinguisme des anglophones est que l’anglais s’est répandu rapidement, en particulier dans le monde de l’entreprise, en raison peut-être de l’influence de l’Empire britannique ou de la puissance économique des Etats-Unis au XXe siècle.

Cette prédominance de l’anglais a engendré l’idée que « tout le monde parle anglais lorsque l’on voyage, rendant un grand nombre de ces individus plus réticents à l’idée d’apprendre une autre langue.

Des besoins linguistiques en constante évolution

Apprendre une autre langue est un réel atout commercial dans une économie de plus en plus mondialisée

Les Francophones ont bien conscience que les exigences linguistiques évoluent à mesure que le monde change.

Apprendre une autre langue est un réel atout commercial dans une économie de plus en plus mondialisée. Alors que des puissances économiques non anglophones continuent de se développer, acquérir de nouvelles compétences linguistiques porte ses fruits sur le plan commercial.

Il existe un autre avantage à l’apprentissage d’une nouvelle langue, qui n’est pas toujours pris en compte, surtout dans le monde des affaires : cela renforce certaines capacités cérébrales.

Un cerveau solide

Avoir la capacité de parler une seconde langue renforce plusieurs capacités cérébrales

Si une langue est apprise assez tôt, les deux hémisphères du cerveau deviennent plus performants.

  • La partie gauche du cerveau traite les informations de façon logique et analytique
  • La partie droite génère les émotions et le rapport au monde

C’est pourquoi de nombreux chercheurs pensent qu’étudier une langue avant l’âge adulte permet non seulement de mieux la comprendre, mais aussi de cerner des facteurs culturels.

On distingue trois types d’individus qui apprennent une seconde langue

La plupart des adultes ont besoin de recourir à leur langue maternelle pour traiter leur seconde langue

1. Ceux qui apprennent la langue très tôt pendant l’enfance et qui deviennent parfaitement bilingues et aptes à raisonner dans les deux langues

2. Ceux qui apprennent la langue plus tard pendant l’enfance et peuvent devenir réellement bilingues, mais risquent de raisonner différemment dans leur deuxième langue

3. Ceux qui apprennent la langue à l’âge adulte et pourront devenir bilingues, mais qui pour cela rencontreront probablement plus de difficultés qu’un enfant.

Toutefois, la plupart des adultes ont besoin de recourir à leur langue maternelle pour traiter leur seconde langue, et ne seront pas toujours aptes à cerner les nuances culturelles et non verbales que les plus jeunes assimilent.

Il n’est jamais trop tard pour apprendre

Pour les adultes qui ont envie d’apprendre une langue étrangère, tout est encore possible.

Pour les adultes qui ont envie d’apprendre une langue étrangère, tout est encore possible. Bien que le cerveau perde en dynamisme avec l’âge, les bienfaits procurés par l’apprentissage d’une langue restent notables.

La tâche sera certainement plus dure pour un adulte, dont les méthodes d’apprentissage sont moins efficaces que celles des plus jeunes.

L’apprentissage actif (parler et écrire) et l’apprentissage passif (écouter et lire) nécessitent l’usage de différentes parties du cerveau, si bien que les adultes peuvent apprendre plus rapidement dans un cas que dans l’autre.

multilingue

Préservez votre cerveau en devenant bilingue

Toutefois, si un adulte persiste dans ses efforts, il observa les bénéfices de sa capacité à vivre et travailler dans un environnement mondialisé, et ce en dépit d’un accent plus fort et de progrès plus lents que ceux d’un enfant.

Les bienfaits du multilinguisme sur la santé sont moins faciles à percevoir. Or, parce qu’ils font travailler leur cerveau plus activement que les monolingues, les bilingues seraient touchés plus tardivement par les maladies cérébrales telles qu’Alzheimer ou la démence.

La vie de tous les jours devient plus facile dans un monde de plus en plus multiculturel. Des opportunités professionnelles inattendues peuvent survenir. Enfin, vous préserverez votre cerveau.

Or, parce qu’ils font travailler leur cerveau plus activement que les monolingues, les bilingues seraient touchés plus tardivement par les maladies cérébrales telles qu’Alzheimer ou la démence

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