Pourquoi les Français ne parlent-ils pas aussi bien anglais que les Scandinaves ?

Pascale Chauvot

5 Jan 2016

Selon une étude récente,  la France est le pays européen le plus faible en terme de maîtrise de l’anglais, derrière l’Italie, l’Espagne  ou encore la Slovaquie et la République tchèque. D’où provient cet écart ?

Au sommet du classement, on retrouve les traditionnels pays champions de l’apprentissage des langues, avec le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, la Finlande et la Norvège. Pourquoi la France n’est-elle pas capable de suivre le modèle scandinave ?

Copyright © EF Education First Ltd

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Une méthode d’enseignement parfois perfectible

Il est souvent reproché aux cours d’anglais dispensés en France de ne pas être assez intensifs. Pourtant, selon une étude de l’OCDE datant de 2012, 6,8 % du temps d’enseignement des élèves de primaire entre le CE1 et le CM1 est consacré à l’apprentissage d’une langue étrangère.

Si cela reste inférieur au taux espagnol et italien, il est supérieur à celui de la Norvège et de l’Allemagne. C’est une fois arrivés au collège, lors d’une remise à niveau nécessaire entre les élèves, que les Français perdent leur avance sur les autres pays européens.

En moyenne, sur les 90 heures de cours d’anglais que reçoit un élève de collège par an, celui-ci n’aura finalement que 1h30 sur l’année pour s’exprimer en anglais dans une classe de 30 élèves.

La manière d’enseigner mise en cause

Ce constat ramène à une autre problématique : la manière d’enseigner l’anglais.

Roger-François Gauthier, universitaire et expert international en matière de pédagogie éducative dénonce la focalisation des professeurs sur l’écrit lors de leur enseignement de l’anglais. L’anglais n’est pas étudié comme une réelle langue vivante.

Le programme français met l’accent sur des techniques d’enseignements valorisant la mémorisation et les règles de grammaire. La pratique est mise de côté et a pour conséquence un constat accablant : seuls 14% des élèves français seraient capables de s’exprimer en anglais dans la vie courante, selon une étude de la Commissions Européenne.

Les familles les plus aisées peuvent se permettre de pallier le manquement de l’Education nationale en envoyant de plus en plus souvent leurs enfants en séjours linguistiques.

L’enseignement supérieur français, conscient des lacunes du secondaire, oblige de plus en plus les étudiants à profiter du programme Erasmus. La France est aujourd’hui le pays à envoyer le plus d’étudiants à l’étranger grâce à ce programme d’échange universitaire européen.

Le problème du protectionnisme culturel français

Autrefois langue de l’élite et de la diplomatie, le français est désormais largement devancé par l’anglais sur la scène internationale. Langue des échanges et du commerce par excellence, sa maîtrise est désormais obligatoire pour les professionnels, quel que soit leur secteur d’activité et leur poste.

Force est pourtant de constater que l’apprentissage de l’anglais n’est pas toujours au centre des préoccupations des jeunes élèves, de leurs parents et de l’Education Nationale.

Peut être faut il voir dans ce manque d’enthousiasme un certain protectionnisme du français et de la francophonie. L’anglais est en effet souvent considéré comme une menace à la diversité culturelle et un vecteur d’uniformisation de la culture.

La méthode scandinave

Comment expliquer le succès de l’apprentissage de l’anglais dans les pays scandinaves ?

  • La géopolitique
    Les pays scandinaves dans leur ensemble totalisent à peine 20 millions d’habitants contre 65 millions de Français. Pour permettre le rayonnement de la Scandinavie à l’échelle européenne et internationale, la maîtrise de l’anglais s’avère donc indispensable.
  • Un rythme intensif
    Les cours commencent dès l’âge de 6 ans et se poursuivent à un rythme plus intensif qu’en France et cela pour les élèves de tous niveaux.
  • Le doublage n’existe pas
    Tous les programmes télévisuels et films au cinéma d’origine étrangère sont présentés en version originale sous-titrée. Les jeunes scandinaves ont donc un contact quasi-quotidien à la langue anglaise, mémorisent mieux l’accent et apprennent sans s’en rendre compte grâce à leurs émissions préférées.

 

Les français sont-ils destinés à rester « mauvais » en anglais ? Pas nécessairement. Les cours d’anglais occupent la première place des formations professionnelles les plus demandées, signe que les entreprises et leurs collaborateurs ont compris l’importance de l’anglais.

Il en va de même pour les grandes écoles de commerce et de management qui exige un niveau d’anglais minimum pour postuler et qui mettent la langue Shakespeare en avant dans leurs modules de formations.

 

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