Les différents styles de communication à travers les cultures

Hynd Habach

24 Jan 2018

À chacun son style de communication – et cela est vrai tant pour les individus que pour les entreprises, y compris à l’échelle des régions et des pays. Les manières de communiquer varient en fonction d’une infinité de critères et de facteurs, et la culture y tient une place prépondérante. C’est pourquoi il est très difficile de savoir identifier et adopter différents styles de communication en fonction de la culture de ses collaborateurs en entreprise.

Typologie des différents styles de communication

En dépit des différences culturelles, certains chercheurs et théoriciens ont cherché à définir des styles de communication valables pour tous, sans distinction de pays ou de secteurs d’activité par exemple. Une des typologies les plus reconnues est celle de William M. Marston, qui a identifié quatre styles de communication bien spécifiques, souvent désignés par l’acronyme D.I.S.C. :

1. Dominant ou directif

Le style de communication directif est axé principalement sur les tâches et la prise de décision ; l’individu dominant se montre rapide et efficace, n’hésite pas à s’engager dans le conflit et s’intéresse avant tout aux résultats.

2. Influent ou enthousiaste

Davantage orienté relation, l’individu influent ou enthousiaste cherche à convaincre son auditoire, communique beaucoup et fréquemment et ne cache pas ses émotions.

3. Stable ou coopératif

Le style de communication stable ou coopératif est également axé en priorité sur la relation et est caractéristique des personnes empathiques, à l’écoute des autres et en recherche de dialogue et de consensus.

4. Conforme ou structuré

Le style conforme ou structuré est orienté tâches et se conforme à la règle, exige des informations et des preuves et n’apprécie pas les zones d’incertitude.

Bien sûr, chaque individu ne correspond pas nécessairement à un de ces quatre styles de communication et il arrive de retrouver certaines caractéristiques de différents styles chez une même personne. Il s’agit davantage de grandes orientations que d’une règle d’or.

Il est important de se connaître soi et d’avoir identifié les caractéristiques de son propre style de communication

C’est pourquoi, avant même de s’intéresser à la manière de communiquer de ses collaborateurs, il est important de se connaître soi et d’avoir identifié les caractéristiques de son propre style de communication.

  • Est-on plutôt orienté tâches ou relation ?
  • A-t-on tendance à communiquer beaucoup ou à garder son avis pour soi ?

Ces moments d’introspection sont indispensables pour nous permettre ensuite d’adapter notre façon de communiquer à celle des autres.

Maîtriser la communication interculturelle

Le fait de savoir identifier les différents styles de communication à travers les cultures relève du domaine de la communication interculturelle, c’est-à-dire de l’étude de la communication interpersonnelle entre individus de cultures différentes.

Pourquoi est-il important de maîtriser les bases de la communication interculturelle ? Parce que cela permet non seulement d’adopter une communication plus efficace vis-à-vis de ses clients et partenaires étrangers mais également parce que cela permet d’éviter les faux-pas culturels.

La communication interculturelle permet d’etre plus efficace vis-à-vis de ses clients et partenaires étrangers et d’éviter les faux-pas culturels

Les professionnels qui se montrent capables d’adopter le style de communication de leurs interlocuteurs issus d’autres cultures constituent une véritable richesse pour l’entreprise. Ils peuvent développer des relations de grande qualité avec leurs clients, partenaires et collaborateurs, et participent activement à l’amélioration des performances de l’entreprise. C’est donc une compétence relativement indispensable pour quiconque souhaite travailler ou même diriger à travers les cultures.

Exemples pratiques : Chine, États-Unis et Brésil

Si l’on devait essayer de caractériser le style de communication des Chinois par exemple, on pourrait dire qu’il se situe à mi-chemin entre le style conforme et le style stable de Marston.

En effet, une grande importance est accordée à la relation en Chine et à la notion de confiance dans les affaires. Les Chinois sont bien souvent dans la recherche d’un consensus dans la mesure où il s’agit d’une culture de la face au sein de laquelle aucun des interlocuteurs ne doit ressortir humilié d’une négociation – d’où le fait qu’il leur soit très difficile de donner une réponse négative.

De plus, les Chinois ont également la réputation de se montrer impassibles et de cacher leurs émotions, tout en étant très attachés aux résultats et à l’atteinte des objectifs.

Les Chinois ont la réputation de se montrer impassibles et de cacher leurs émotions

Aux États-Unis au contraire, on pourrait qualifier le style de communication des Américains de dominant : ces derniers sont en effet concentrés sur les résultats et cherchent avant tout à se montrer rapides et efficaces. En cas d’impasse, les Américains n’ont généralement pas peur de prendre des décisions et de « passer en force » s’il le faut, quitte à engager le conflit.

Les Américains n’ont généralement pas peur de prendre des décisions et de « passer en force » s’il le faut, quitte à engager le conflit

Enfin le style de communication des Brésiliens peut être qualifié d’influent ou d’enthousiaste. Préférant échanger à l’oral plutôt qu’à l’écrit, les Brésiliens peuvent se montrer parfois théâtraux et ne cachent pas leurs émotions, qui s’expriment librement à travers le langage corporel notamment.

Les Brésiliens peuvent se montrer parfois théâtraux et ne cachent pas leurs émotions

Les styles de communication peuvent donc être caractérisés, dans une certaine mesure, en fonction du critère culturel – il n’est pas inutile de signaler que des formations interculturelles permettent de découvrir rapidement ces différents traits culturels ainsi que leurs conséquences sur la communication.

Cependant il faut garder à l’esprit qu’il ne s’agit que de grandes orientations et qu’il est important d’être à l’écoute des particularités de chaque collaborateur en matière de communication.