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Souffrance d’expatrié : peut-on vivre loin sans éprouver de culpabilité ?

Hynd Habach

20 Avr 2017

Le fait de partir en expatriation est souvent considéré par l’entourage – et par les personnes ou familles expatriées – comme une opportunité positive et quasiment privilégiée. C’est une occasion de découvrir le monde, de partir à l’aventure, d’avancer professionnellement également. Mais pas seulement. L’expatriation, c’est aussi faire face à la souffrance d’expatrié – la souffrance causée par la distance et la culpabilité. Comment aider les expatriés à faire face à cette souffrance et à la surmonter au quotidien ?

Souffrance d’expatrié : un aspect négligé de l’expérience d’expatriation

Si intéressante que puisse être une expérience d’expatriation, elle peut également confronter les familles concernées à un certain nombre de défis non négligeables. Le dépaysement tout d’abord, mais aussi le choc culturel qui peut succéder à une période de « lune de miel » pendant laquelle tout semble nouveau et merveilleux.

Le fait de partir en expatriation est souvent considéré par l’entourage comme une opportunité positive et quasiment privilégiée

Le choc culturel peut être violent et prendre la forme d’une baisse de moral, de fatigue ou encore de ce que l’on appelle communément le mal du pays. Ce phénomène peut avoir des conséquences néfastes sur un projet d’expatriation et mener dans certains cas à sa mise en péril, comme l’explique Magdalena Zilveti Chaland dans ce témoignage :

La culpabilité est notamment une des souffrances les plus souvent éprouvées par les expatriés

La culpabilité est notamment une des souffrances les plus souvent éprouvées par les expatriés, comme l’explique ce témoignage paru sur le site expatriationtourisme.com. Cette personne expatriée au Canada y expose les différentes situations dans lesquelles les expatriés sont susceptibles d’éprouver de la culpabilité… et elles sont nombreuses :

  • Le simple fait de ne pas être présent et d’avoir fait le choix de partir loin
  • Le fait d’éloigner les membres de sa famille – et ses enfants – de leurs proches
  • Le fait de ne pas pouvoir communiquer ou se voir aussi facilement qu’auparavant
  • Le fait de ne pas pouvoir rendre hommage en personne aux proches ou aux victimes

Une des situations les plus difficiles à supporter lorsque l’on est en expatriation est bien entendu le deuil. On ressent doublement la culpabilité de n’avoir pas été là pour soutenir la personne dans ses derniers moments, le fait de ne pas pouvoir se rendre à l’enterrement dans certains cas, et de ne pouvoir rendre hommage aux proches de la personne décédée.

Les mille facettes de la culpabilité en expatriation

La culpabilité se décline de mille façons dans le quotidien d’une famille expatriée. Vis-à-vis de ses proches en particulier, il est parfois très difficile de justifier un tel départ.

Certains évoquent la distance, d’autres les dangers éventuels, et tous déplorent l’absence future de la personne qui s’en va. Il est alors fréquent de se sentir coupable vis-à-vis de ses parents (au sens large) et de ses amis, en particulier envers ceux qui ont besoin de nous – des personnes âgées, en bas âge ou encore handicapées par exemple.

Une des situations les plus difficiles à supporter lorsque l’on est en expatriation est bien entendu le deuil

Mais la culpabilité s’exprime également au sein de la cellule familiale expatriée. Les parents notamment peuvent se sentir coupable de déraciner leurs enfants ou d’avoir interrompu la carrière professionnelle de leur conjoint. C’est pourquoi les conditions de vie des conjoints et des enfants d’expatriés sont également à prendre en compte.

Les parents notamment peuvent se sentir coupable de déraciner leurs enfants

Enfin, la culpabilité peut être ressentie à la fin du projet d’expatriation, au moment du départ. Il s’agit d’un nouveau déracinement, pour les enfants notamment, qui se préparent à quitter leurs amis et proches de nouveau.

C’est également le moment de se séparer des nouveaux contacts faits sur place, et il n’est pas rare que ce nouveau départ soit aussi déchirant que le premier.

Comment soulager les souffrances liées à l’expatriation ?

Les équipes Mobilité ont le pouvoir d’atténuer dans une certaine mesure ces souffrances d’expatriés, et ce à plusieurs niveaux.

Par le biais de moyens financiers et administratifs dans un premier temps, en facilitant l’intégration de la famille expatriée dans son nouvel environnement. Cela peut impliquer de les accompagner :

  • dans les démarches administratives
  • dans la bonne gestion et le financement du déménagement
  • dans le choix d’une école pour les enfants par exemple

Les équipes Mobilité ont le pouvoir d’atténuer dans une certaine mesure ces souffrances d’expatriés

Ce soutien peut aussi prendre la forme d’aides et d’outils techniques – certains expatriés peuvent par exemple être équipés des outils et de la connexion nécessaires pour communiquer le plus facilement possible avec leurs proches.

Enfin, les équipes en charge de la Mobilité Internationale peuvent effectuer un important travail de sensibilisation auprès des expatriés et de leurs familles, tant en amont que pendant le projet d’expatriation. Cela peut impliquer de leur donner accès à des formations interculturelles ou à des cours de langues pour appréhender au mieux le nouvel environnement qui sera le leur.

Il peut aussi s’avérer pertinent de leur parler du choc culturel et des différentes façons de l’atténuer. Un suivi régulier, en amont et pendant l’expatriation, peut donc s’avérer bénéfique pour faire de ce projet un succès, à la fois pour l’employé et pour l’entreprise.

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