Le small talk à travers les cultures

Matthew MacLachlan

14 Sep 2016

Avez-vous déjà entendu parler du « small talk » ? C’est une notion de communication fondamentale qu’il vaut mieux maitriser si l’on veut développer des relations professionnelles enrichissantes. Cependant, si ce type de discours informel peut être très prisé dans certaines cultures, d’autres y sont relativement hermétiques. Si vous travaillez dans une entreprise internationale, en particulier au sein d’équipes multiculturelles, le small talk peut vous sauver la vie ! Découvrez comment faire un usage avisé du small talk à travers les cultures.

Le small talk à travers les cultures

  • Le small talk, qu’est-ce que c’est ?

Il ne faut pas sous-estimer le small talk dans la mesure où certaines cultures le jugent indispensable au développement de relations professionnelles de qualité

Le small talk peut être défini comme l’art d’engager la conversation et désigne un type de discours informel que certains appellent avec désinvolture « parler pour ne rien dire ». Mais il ne faut pas sous-estimer le small talk dans la mesure où certaines cultures le jugent indispensable au développement de relations professionnelles de qualité.

Etudié en 1923 par Bronislaw Malinowski, le small talk est un discours dont le message importe moins que sa fonction phatique, c’est-à-dire le rôle de l’énoncé dans l’interaction sociale entre une personne et son interlocuteur.

C’est un type de discours qui vise donc avant tout à créer du lien entre les personnes et à réguler les relations interpersonnelles. C’est pourquoi une utilisation pertinente du small talk peut vous aider à tisser des relations constructives au sein de votre entreprise.

Le small talk rassemble ainsi un ensemble de codes conversationnels qui peut varier en fonction du genre (par exemple les femmes favoriseront davantage la collaboration et les hommes la compétition) ou de la culture.

Le small talk d’une culture à l’autre

On constate en effet que si certaines cultures se montrent peu sensibles au small talk, d’autres le pratiquent assidument – mais jamais de la même manière ! Le small talk à travers les cultures est un sujet passionnant tant l’approche diffère selon la culture; il suffit de se montrer attentif et réceptif lors de vos rencontres avec vos homologues internationaux. Voici quelques exemples pour illustrer ce propos :

  • Scandinavie : pas de pratique du small talk, pouvant être perçu comme intrusif, voire comme une agression
  • Chine : usage fréquent du small talk pour faire connaissance et instaurer la confiance, tout en souhaitant protéger sa vie privée
  • Pays arabes : usage immodéré du small talk sur des sujets bien précis comme la famille, la santé, la nourriture, le sport etc.
  • Inde : le small talk est considéré comme une marque de politesse et porte majoritairement sur les loisirs (vacances et weekends)

Il est donc recommandé d’ajuster son discours en fonction de la culture de votre interlocuteur et de toujours prendre en compte certaines dimensions clés lorsque vous pratiquez le small talk à travers les cultures :

  • La gestion des silences (à éviter ou à privilégier)
  • La distance hiérarchique (si on s’adresse à une culture égalitaire ou hiérarchisée)
  • Les sujets tolérés (vie professionnelle ou vie privée)
  • Le ton employé (consensus / débat)
  • Le timing (le matin en arrivant, à la machine à café, le soir en sortant du travail…)

L’exemple des Etats-Unis et de l’Allemagne

Prenons le cas des Etats-Unis, fervent adepte du small talk, et de l’Allemagne, qui au contraire le pratique très peu. Le small talk est indispensable aux Etats-Unis pour s’intégrer et tisser des liens avec ses collaborateurs. Les sujets privilégiés sont :

  • les vacances
  • la famille
  • les loisirs
  • l’actualité

L’objectif principal du small talk est de trouver des points communs avec ses interlocuteurs et de créer une relative proximité avec ces derniers, ce qui permet indirectement de se situer par rapport aux autres et de trouver sa place au sein de l’équipe. Le small talk est donc une étape incontournable des débuts de réunion ou de conf call par exemple.

En Allemagne au contraire, le small talk est souvent considéré comme une perte de temps

En Allemagne au contraire, le small talk est souvent considéré comme une perte de temps, étant un discours avant tout superficiel et qui contient peu d’informations dignes d’intérêt. C’est pourquoi les Allemands sont généralement peu réceptifs au small talk et que les relations de travail mettent plus de temps à se développer.

Il est donc recommandé de privilégier un discours pertinent et efficace et de miser sur le long terme pour développer de bonnes relations avec ses collègues de travail.

Les Français sont-ils adeptes du small talk ?

Les Français ont en effet tendance à privilégier des échanges qui les mettent en compétition avec leur interlocuteur plutôt que de rechercher le consensus

La France n’a pas développé dans la sphère professionnelle une culture du small talk comme c’est le cas aux Etats-Unis par exemple. Les Français ont en effet tendance à privilégier des échanges qui les mettent en compétition avec leur interlocuteur plutôt que de rechercher le consensus – ce qui peut être perçu par d’autres cultures comme une agression, même si le ton employé reste “bon enfant”.

Il est d’ailleurs fréquent en France de se sentir mal à l’aise avec la pratique du small talk, dans la mesure où beaucoup estiment qu’il s’agit d’une forme de discours superficielle et parfois même hypocrite, dénotant un intérêt inauthentique pour son interlocuteur.

Il est d’ailleurs fréquent en France de se sentir mal à l’aise avec la pratique du small talk

Malgré cela, il est indispensable de savoir maîtriser le small talk afin d’interagir en anglais ou dans une autre langue avec ses collègues de par le monde.

Ne sous-estimez donc pas le pouvoir du small talk à travers les cultures !

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