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À chaque pays son sens de l’humour ! 9 exemples

Bertille Marion

26 Juin 2017

Le sens de l’humour est toujours quelque chose de très difficile à définir, puisqu’il joue sur une déviation ou un décalage du sens initial d’un mot ou d’une situation. Sans compter qu’il est encore plus complexe de pouvoir définir le sens de l’humour à travers les cultures ! On ne rit pas des mêmes choses ni de la même façon dans chaque pays du monde. Découvrez dans cet article neuf pays au sens de l’humour bien spécifique !

En Europe : des sens de l’humour plus différents qu’on pourrait le croire

1. L’humour à la française : l’ironie à l’honneur

L’humour français affectionne particulièrement l’ironie et le second degré

Si les Français sont plutôt réputés pour leurs baguettes, leurs bérets et leur mauvaise humeur… ils ne sont pas forcément réputés en Europe pour leur humour ! Pourtant la France a toujours accordé beaucoup d’importance aux « traits d’esprit » et a su développer au fil des siècles une forme d’humour très sophistiquée, à mi-chemin entre le badinage et la raillerie.

L’humour français affectionne particulièrement l’ironie et le second degré, et a toujours servi à briller en société. Un article paru sur le site marketing-professionnel.fr retrace d’ailleurs les dernières évolutions de l’humour à la française, du XIXème siècle à nos jours, et conclut sur l’apparition récente de trois formes d’humour en France :

  • L’humour critique et cynique envers la société
  • L’humour dit « de banlieue » popularisé par Jamel Debbouze et son « Jamel Comedy Club »
  • L’humour situationnel pratiqué par Gad Elmaleh et Florence Foresti par exemple

2. L’humour British : entre humour noir et tendance à l’absurde

L’humour anglais se caractérise souvent par sa noirceur et sa tendance à côtoyer l’absurde. Le sens de l’humour anglais est théorisé peu à peu comme l’expression de notre double nature, valeur précieuse de l’éducation anglaise, proche de l’autodérision et de l’attitude du pince-sans-rire.

L’humour anglais se caractérise souvent par sa noirceur et sa tendance à côtoyer l’absurde

Lewis Carroll (entre autres) fait ensuite émerger une nouvelle forme d’humour, le « nonsense », qui désigne l’art de développer des raisonnements dénués de sens sous une apparence logique. Si l’humour français est plus dans la raillerie, l’humour anglais quant à lui se tourne davantage vers l’autodérision.

Si l’humour français est plus dans la raillerie, l’humour anglais quant à lui se tourne davantage vers l’autodérision

3. Le sens de l’humour allemand : difficile à exporter ?

Les Allemands non plus ne sont en général pas vraiment réputés pour leur sens de l’humour. Qu’en est-il en réalité ? Selon la rédactrice expatriée du blog Génération Berlin, l’humour français n’est pas toujours compris par les Allemands et réciproquement.

Elle donne l’exemple de l’humoriste allemand Loriot, et affirme que cela ne l’a jamais fait rire, de même que sa tendance à enjoliver un peu la vérité pour faire rire son auditoire ne motive que des réactions relativement négatives de la part de ses homologues allemand, qui tiennent à un respect strict de la réalité. Voici un exemple typique d’humour allemand :

Certains pays peu adeptes du second degré

4. Aux États-Unis : éviter l’ironie autant que possible

Selon un article paru sur le site frenchmorning.com au sujet de la tournée de Gad Elmaleh aux États-Unis, la grosse différence entre l’humour français et l’humour américain est que si le premier est résolument second degré, le second au contraire est davantage premier degré.

L’ironie n’est pas souvent bien comprise aux États-Unis

C’est-à-dire que l’ironie n’est pas souvent bien comprise aux États-Unis, les Américains étant a priori prêts à croire ce qu’on leur dit. Ils sont en revanche très amateurs de clichés (le french lover, le mexicain avec son sombrero…).

5. En Chine, une forme d’humour propre aux jeunes Chinois

Sur le site du Huffington Post, on retrouve quelques indications sur une forme d’humour chinois relativement méconnue : celle des jeunes générations. Si l’ironie et toute forme de second degré ne sont pas en vogue en Chine, les jeunes Chinois ont su en revanche développer – sur le net notamment – un sens de l’humour très personnel jouant sur :

  • les homophones
  • les jeux de mots
  • les caractères ancestraux
  • les métaphores
  • les chiffres symboliques

L’ironie et toute forme de second degré ne sont pas en vogue en Chine

6. Japon : un humour universel et premier degré

Les Japonais privilégient des formes relativement simples d’humour, étant très réceptifs aux comiques de répétition ou de situation classique, comme le gag de la peau de banane par exemple.

L’humour est davantage pratiqué par les hommes que par les femmes, pour impressionner ces dernières justement

L’autodérision fonctionne également bien au Japon, mais la forme la plus médiatisée d’humour s’appelle le Manzai, et désigne des duos d’humoristes mettant en scène des quiproquos entre leurs deux personnages.

L’autodérision fonctionne également bien au Japon

À noter que l’humour est davantage pratiqué par les hommes que par les femmes, pour impressionner ces dernières justement. Cependant le Japon a su développer une forme particulière de sens de l’humour, intitulée « l’humour What The Fuck », qui se manifeste avant tout dans des émissions de télévision et qui met en avant des situations ou des défis particulièrement absurdes et démesurés.

Une forme d’humour plus revendicatrice ou parfois même thérapeutique

7. Au Brésil : éviter les sujets tabous

Le Brésil n’apprécie que moyennement l’humour anglais par exemple, jugé trop absurde et désorientant. Les Brésiliens privilégient donc un humour plus terre-à-terre, jouant sur les clichés associés aux différentes cultures et notamment les clichés sur les Portugais (équivalents des Belges pour les Français et réciproquement).

Les Brésiliens privilégient donc un humour plus terre-à-terre, jouant sur les clichés associés aux différentes cultures et notamment les clichés sur les Portugais

En revanche il est recommandé d’éviter certains sujets grivois afin de respecter la morale catholique (sauf entre hommes, en général) de même que certains sujets sociétaux comme le viol, comme l’a appris à ses dépens l’humoriste brésilien Rafinha Bastos.

8. Humour thérapeutique en Afrique du Sud

La Dépêche a accordé à l’humour en Afrique du Sud un article intéressant soulignant les effets thérapeutiques du sens de l’humour dans ce pays. Plus de vingt ans après l’Apartheid, la question raciale demeure un sujet extrêmement sensible en Afrique du Sud.

Un humour qui permet finalement à une population déchirée par une Histoire difficile de se retrouver et de mieux se comprendre

C’est pourquoi certains jeunes humoristes tels que Trevor Noah s’emparent de ce sujet tabou afin d’offrir un exutoire à ce public multiethnique. Un humour qui permet finalement à une population déchirée par une Histoire difficile de se retrouver et de mieux se comprendre.

9. Australie : en réaction à la rudesse de l’environnement

L’Australie présente un environnement souvent hostile et une Histoire empreinte de rudesse – ancêtres bagnards, faune relativement hostile et flore parfois envahissante.

Les Australiens privilégient donc un humour cynique et ont développé un grand sens de la dérision, mettant régulièrement en scène les difficultés de leur quotidien – un serpent suspendu à la charpente de l’open space ou un faux pied dépassant du coffre de la voiture.

Les Australiens privilégient donc un humour cynique et ont développé un grand sens de la dérision

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