Guide pratique pour les expatriés en Asie : les règles du savoir-vivre

Matthew MacLachlan

9 Déc 2016

On ne se rend pas toujours compte à quel point il est important de maîtriser les règles de base du savoir vivre dans le milieu des affaires. Car un manquement au savoir-vivre peut s’avérer fatal dans le cadre de relations professionnelles, et il n’est pas toujours évident de respecter ces nombreux codes, d’autant plus qu’ils varient en fonction du pays où vous travaillez ou de la culture de vos collègues. Découvrez ce qu’il faut absolument savoir sur le savoir-vivre à travers différentes cultures asiatiques dans cet article !

Le savoir-vivre à travers différentes cultures asiatiques en milieu professionnel

La notion de « face » désigne le fait de montrer du respect à son interlocuteur et de ne jamais lui faire perdre la face

Nous avions commencé la semaine dernière par nous pencher sur le savoir-vivre à travers les cultures en Europe et nous avions constaté qu’il existait une grande diversité de codes et d’usages à respecter.

Les bases du savoir-vivre à l’espagnole n’ont ainsi rien à voir avec les bonnes manières à la suédoise par exemple. Mais qu’en est-il de l’Asie, immense continent aux pays très contrastés tant sur le plan culturel que géographique ?

Le savoir-vivre en Chine, au Japon et en Corée du sud : les cultures de la « face »

Le savoir-vivre en Chine se décline autour de la notion de « face », qui désigne le fait de montrer du respect à son interlocuteur et de ne jamais lui faire perdre la face.

Il est recommandé au contraire d’incliner la tête en disant bonjour, ou encore de serrer la main de son interlocuteur un certain temps en recouvrant son poignet

Une attention particulière est portée au dress code en Chine : généralement classique mais élégant, il est essentiel de « bien présenter » sur son lieu de travail. Les Chinois sont également très attachés aux marques de respect et aux statuts, c’est pourquoi lorsque l’on s’adresse à un collaborateur, on doit l’appeler par son nom de famille suivi de son statut. Par exemple si le nom de la personne est Ling :

  • Ling Lao : « lao » est une marque de respect associée aux personnes âgées
  • Ling xiao : « xiao » est une marque de respect associée aux jeunes
  • Ling xiaojie : « xiaojie » signifie mademoiselle
  • Ling laoche : « laoche » signifie professeur

Cette notion de « face » se retrouve également dans la façon de saluer. Tout d’abord, il faut absolument éviter les embrassades de même que cette manie si française de faire la bise.

Il est recommandé au contraire d’incliner la tête en disant bonjour, ou encore de serrer la main de son interlocuteur un certain temps en recouvrant son poignet avec votre autre main et en baissant un peu la tête en signe de respect.

Au Japon : le rituel des cartes de visite

Barack Obama s’était ainsi fait remarquer en s’inclinant profondément devant l’empereur japonais Akihito en 2009, preuve qu’il avait prêté attention aux usages et coutumes japonais

Un article de L’Express s’est aussi intéressé aux règles de savoir-vivre à respecter au Japon. Il est donc recommandé de :

  • Construire en priorité une relation de confiance avant d’entamer les négociations
  • Mettre en avant son statut et ses responsabilités au sein de l’entreprise
  • Échanger des cartes de visite conformes aux standards japonais
  • Offrir un petit cadeau à chaque interlocuteur (produit typique de votre région, de fabrication française si possible… éviter les cadeaux d’entreprise de type stylos ou porte-clés) et soigner l’emballage
  • Se montrer patient lors des processus de prise de décision (qui peuvent être très longs au Japon car ils rassemblent le maximum d’informations avant de prendre une décision collective)
  • Ne pas formuler un refus trop clairement afin de ne pas faire perdre la face à vos interlocuteurs
  • Adopter une tenue – le costume-cravate – sobre et classique

Barack Obama s’était ainsi fait remarquer en s’inclinant profondément devant l’empereur japonais Akihito en 2009, preuve qu’il avait prêté attention aux usages et coutumes japonais :

En Corée du Sud : le respect envers les anciens

Enfin, le savoir-vivre en Corée du Sud est fortement influencé par le confucianisme qui met ici encore les marques de respect à l’honneur. Ceci est d’autant plus accentué envers les personnes plus âgées que soi ou possédant un statut plus prestigieux.

Toutes ces dimensions sont à prendre en compte lorsque l’on travaille dans ces régions d’Asie ou au sein d’une équipe multiculturelle.

Le savoir-vivre en Inde : une société très hiérarchisée

Un article du Figaro affirme que pour travailler efficacement en Inde, il est essentiel de s’armer de patience et de persévérance afin de construire des relations de confiance.

Les négociations peuvent durer très longtemps et il est important de ne pas heurter la susceptibilité de vos interlocuteurs en vous montrant trop agressif commercialement parlant. Il faut surtout prendre en compte que l’Inde est un agrégat de 29 états et 6 territoires et que les usages peuvent varier d’un état à un autre.

Le rapport au temps (« European time or Indian time ? » est une question classique) et à la hiérarchie en Inde est également très dépaysant pour les Occidentaux. Les entreprises y sont extrêmement hiérarchisées en dépit d’une organisation en apparence un peu chaotique et il est important de respecter ces différents statuts.

Les négociations peuvent durer très longtemps et il est important de ne pas heurter la susceptibilité de vos interlocuteurs en vous montrant trop agressif commercialement parlant

La Russie et la Turquie : à mi-chemin entre cultures asiatiques et européennes

La Russie et la Turquie ont beau être à mi-chemin entre l’Europe et l’Asie, ici encore les standards du savoir-vivre sont bien différents entre ces deux pays et leurs voisins tant asiatiques qu’européens.

1. La Russie

[En Russie] Sourire par simple politesse est perçu comme une marque d’hypocrisie

En Russie par exemple, la notion de politesse est bien différente de ce que nous connaissons en France : les Russes ne font pas un usage abusif des formules de politesse telles que « bonjour », « merci » et « j’espère que vous avez passé un bon weekend », ce qui peut les faire passer pour des collaborateurs froids et distants.

Mais au contraire, ce comportement s’explique par la volonté de se montrer honnête et sincère envers son interlocuteur : sourire par simple politesse est perçu comme une marque d’hypocrisie. Il est donc recommandé d’exprimer clairement sa pensée et de faire preuve de sincérité, considérée comme une vraie marque de respect en Russie.

2. La Turquie

En Turquie également certains comportements perçus comme relativement anodins en France peuvent éventuellement choquer vos collègues turcs : s’asseoir en croisant les jambes, se moucher en public ou s’asseoir de côté (autrement dit « sur une fesse ») par exemple.

Ces attitudes sont à éviter, en particulier devant des personnes plus âgées pour qui les règles de bienséance sont importantes. Le fait de montrer à son interlocuteur le dessous de ses souliers peut également être considéré comme un manque de respect, tout comme il peut être mal vu de toucher une femme qui n’est ni son épouse ni sa petite amie pour lui serrer la main par exemple. Encore une fois ici, la bise est à proscrire.

Vous aurez remarqué que si la bise est très répandue en France, ce n’est pas du tout le cas dans une majorité de pays asiatiques et européens ! La bise, grande incomprise du savoir-vivre à travers les cultures

Le fait de montrer à son interlocuteur le dessous de ses souliers peut également être considéré comme un manque de respect

[if lte IE 8]
[if lte IE 8]
[if lte IE 8]
[if lte IE 8]