Les femmes dans le monde des affaires : une perspective multiculturelle

Matthew MacLachlan

20 Mar 2015

La récente célébration de la Journée internationale de la femme le 8 mars  fut un moment approprié pour examiner la situation des femmes dans le monde des affaires.

Au cours du siècle dernier, le rôle des femmes dans l’industrie et le commerce a grandement augmenté et s’est énormément diversifié,  et les femmes ont maintenant une plus grande égalité de rémunération et plus de droits à l’emploi.

Encore du travail à faire

Il  reste néanmoins encore beaucoup de travail à faire et certains pays ont fait de bien meilleurs progrès que d’autres en la matière. Le statut des femmes dans la société, le niveau d’éducation, la législation,  l’équilibre entre le travail et la vie privée, les attitudes envers la hiérarchie et le pouvoir  et la stabilité économique  sont autant d’éléments qui contribuent à la réussite des femmes dans le monde des affaires.

Où est le plafond de verre le plus élevé?

Une mesure évidente est peut-être le nombre de femmes qui occupent des sièges dans les conseils d’administration.

La moyenne globale par pays est d’environ 19% avec le Japon occupant la dernière place avec  seulement 3% et la Norvège à l’extrémité opposée avec 35,5% des sièges des conseils d’administration  détenus par des femmes. Ceci est en grande partie dû au fait que la Norvège a été le premier pays européen à légiférer pour assurer une plus grande présence des femmes au sein des instances dirigeantes des grandes entreprises.

Depuis 2003, la loi exige que 40% des sièges des conseils d’administration soient occupés par des femmes et il existe des peines sévères pour les entreprises qui ne respectent pas cette loi. D’autres pays européens dont la France, l’Espagne et les Pays-Bas ont imité cet exemple, mais les quotas font l’objet de controverses aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans d’autres pays européens sous prétexte que cette pratique pourrait avoir un impact négatif sur les performances de l’entreprise. Pourtant, de nombreuses études ont démontré que les entreprises comptant des femmes parmi leurs dirigeants obtenaient de meilleurs résultats que les autres.

Plus récemment, l’Allemagne a légiféré pour les quotas de salle de réunion et des le début de l’année 2016, la législation exigera que 30% des sièges soient accordés à des femmes.

La question de la rémunération

L’écart de la rémunération entre les sexes s’est rétréci, mais en 2014 le Forum économique mondial a rapporté qu’aucun pays n’a encore atteint l’égalité de rémunération entre les sexes. L’Islande, la Finlande et la Norvège sont les plus proches de ce but, tandis que le Yémen, le Pakistan et le Tchad figurent au bas de la liste. Il y a une forte corrélation entre le succès économique et l’égalité de rémunération mais les États-Unis se classent se classent au vingtième rang, et le Royaume-Uni vingt-sixième . Ce sont des cultures où généralement une plus grande importance est placée sur les valeurs de réalisation, la compétition et l’assurance, des critères  traditionnellement masculins, et cela explique peut-être une partie de l’écart de rémunération entre les sexes dans ces pays.

Concilier vie professionnelle et vie privée

Une autre mesure qui met en évidence la position relative des femmes dans les affaires sont les différences de législation du travail, comme le congé parental. Dans le monde développé, le congé maternité peut varier d’une année à plein salaire dans des pays comme la Serbie, le Danemark et la Croatie, et jusqu’à  119 jours à 50% du salaire en Grèce,  ou 12 semaines sans aucun salaire aux États-Unis. Le Royaume-Uni a introduit une législation de travail flexible en 2014 permettant aux employés le droit de demander des arrangements de travail flexibles. Les États-Unis sont aussi le seul pays développé à ne pas exiger un quota minimum légal de congé annuel,  alors que les pays de l’Union Européenne comme l’Allemagne et le Danemark offrent 40 jours de congés annuels combinés.

Bien que le nombre de femmes occupant un emploi rémunéré ai augmenté de façon spectaculaire, la responsabilité principale de la garde des enfants reste assez universellement celle des femmes et ces initiatives pour concilier vie professionnelle et vie privée pourraient aider les femmes qui élèvent des enfants en tandem avec la construction de leur carrière. Il n’est peut-être pas surprenant que les femmes d’affaires qui ont le plus de réussite se trouvent dans des pays où un équilibre sain de travail-vie est plus respecté.

Le chemin à parcourir

Les femmes sont encore largement sous-représentées dans des rôles de leadership – dans la plupart des pays. Il est couramment signalé que les conseils d’administration qui ont réussi un équilibre entre les sexes montrent des performances nettement plus élevées que les conseils composés uniquement d’hommes , et par conséquent les gouvernements, les institutions et les sociétés multinationales devraient utiliser une variété de stratégies pour encourager davantage de femmes vers les positions stratégiques.

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