Retour d’expatriation – Un défi de taille pour les entreprises

Matthew MacLachlan

24 Août 2016

De nombreux Français sont en effet sur le départ. L’internationalisation de l’activité des entreprises rend l’expatriation de certains employés nécessaire. Ouverture d’une nouvelle succursale, besoin d’un transfert d’expertise ou encore la volonté de développer le talent de salariés à haut potentiel, les raisons qui poussent à l’expatriation sont nombreuses. Cependant beaucoup de missions à l’étranger ne durent qu’un temps. Dès lors, il faut retourner à la maison mère et c’est ici que les départements de Mobilité Internationale font face à de nombreuses difficultés. Découvrez pourquoi le retour d’expatriation n’est pas toujours très facile à vivre pour les ex-expats, et comment les entreprises peuvent gérer cette situation.

Le retour d’expatriation, moins palpitant que le départ

Ce qui m’aide à tenir, c’est de me dire que je vais repartir un jour

Ces Français, une fois rentrés doivent se réhabituer à vivre dans leur pays. Ils sont en effet nombreux à connaitre « le choc du retour », également appelé « choc culturel inversé » qui est d’autant plus fort qu’ils sont partis longtemps et loin de la France.

« Ce qui m’aide à tenir, c’est de me dire que je vais repartir un jour » confie Corine Béquin au journal Le Monde.

Cette jeune mère de famille française vient de rentrer en France après sept ans en Tunisie et quatre en Chine. Elle trouve qu’il est plus dur de se faire des amis dans son pays de naissance maintenant qu’elle est retombée dans l’anonymat et n’est plus une expatriée à l’étranger.

Elle avoue même se sentir parfois étrangère dans son propre pays, une expression qui revient souvent suite à un retour d’expatriation.

Comme un sentiment d’incompréhension

Ces Français se sentent souvent abandonnés à leur mal être alors qu’aux Etats-Unis par exemple la plupart des grandes entreprises proposent des suivis psychologiques

Une des difficultés que rencontrent ces Français de retour est l’incompréhension de leur entourage. Celui-ci ne s’apitoie en effet que rarement sur ces « enfants gâtés » qui ne pensent qu’à repartir et ne cessent de rabâcher que « c’était mieux ailleurs ».

Ces Français se sentent souvent abandonnés à leur mal être alors qu’aux Etats-Unis par exemple la plupart des grandes entreprises proposent des suivis psychologiques et des formations interculturelles pour les familles rentrant au pays.

Il faut comprendre que le salarié n’est plus le même après l’expatriation

Parmi les plaintes souvent exprimées par ces anciens expatriés de retour, on trouve souvent la froideur des rapports humains en France

La plupart des gens ne réalisent pas que leur expatriation les a changés. Ils ne s’attendent donc pas à faire l’expérience d’un important décalage avec leur entourage à leur retour. Ils maitrisent la langue mais n’ont plus les codes de leur pays.

Parmi les plaintes souvent exprimées par ces anciens expatriés de retour, on trouve souvent la froideur des rapports humains en France, le fort individualisme ou encore la rigidité de l’administration.

D’après les études, il faudrait en moyenne un an pour se réadapter à la vie en France mais ce laps de temps est parfois plus long pour certains.

Le cas du retour d’expatriation quand cette dernière fait suite à une initiative personnelle 

Le quotidien Le Monde prend ainsi l’exemple Jean-François Scordia a quitté Manhattan pour retrouver le calme de sa Bretagne natale. Alors qu’il avait jusqu’à soixante personnes sous ses ordres aux Etats-Unis, il est resté trois ans au chômage en France où personne ne voulait croire en son expérience.

D’après lui, la France est un pays qui pense petit et qui a peur de progresser

« A l’ANPE, c’est tout juste s’ils ne m’ont pas proposé de devenir serveur. Quand je leur parlais de chiffres d’affaires de 10 millions de dollars pour un restaurant, ils pensaient que je racontais des bobards. » D’après lui, la France est un pays qui pense petit et qui a peur de progresser. A court d’argent, il a dû retourner aux Etats-Unis pour se voir offrir un emploi.

Les entreprises françaises sont-elles trop conservatrices pour savoir exploiter les compétences nouvellement acquises de leurs compatriotes ?

De nombreux expatriés de retour ont souvent l’impression que leur expérience est en effet sous-estimée.

Malgré ce constat, les Français sont chaque année de plus en plus nombreux à partir à l’étranger. Le nombre de Français vivant en dehors des frontières nationales est aujourd’hui estimé à 2,5 millions.

De nombreux expatriés de retour ont souvent l’impression que leur expérience est en effet sous-estimée

Face à ces chiffres, la nécessité d’un suivi pour accompagner le retour d’expatriation se fait pressante. Des formations à la répatriation existent et peuvent être proposées par les entreprises envoyant des managers à l’étranger.

Le nombre de Français vivant en dehors des frontières nationales est aujourd’hui estimé à 2,5 millions

Celles-ci permettent d’éviter la frustration du retour et de permettre aux employés et à leurs familles de se réintégrer plus facilement dans la vie quotidienne et professionnelle de leur pays d’origine.

Elles fournissent aussi aux employés qui les suivent des conseils précieux pour tirer le maximum de profit de leur expérience à l’étranger.

Des formations à la répatriation existent et peuvent être proposées par les entreprises envoyant des managers à l’étranger.

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