Mar 08

À l’occasion de la journée internationale de la femme, il est intéressant de considérer un instant comment une femme travaillant dans un environnement interculturel doit souvent faire face à des comportements et des attitudes très variés envers elle par rapport au pays dans lequel elle évolue. Il s’agit souvent pour une femme de négocier non seulement les préjugés et les normes présents dans sa propre société mais aussi de reconnaître chez leurs interlocuteurs étrangers – qu’ils soient hommes ou femmes – des habitudes et des gestes propres à leur culture.

En France, la question d’égalité dans le secteur privé et le secteur public reste au cœur du débat social. Une récente étude de l’Insee démontre clairement qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire. Le gouvernement de François Hollande a d’ailleurs fait de la réduction des inégalités l’un de ses enjeux clé. Il est cependant d’autant plus significatif de constater que d’un point de vue mondial, les femmes sont dans la plupart des pays sous représentées dans les postes à responsabilités, avec des exceptions notoires dont la provenance pourrait surprendre.

Woman executive at business meeting 4 Sensibilisation interculturelle et diversité : réflexions à l’occasion de la journée internationale de la femme

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Le cabinet international Mercer a récemment mené des recherches à ce sujet, passant au crible 5321 entreprises dans 41 pays pour découvrir lesquelles parmi ces derniers comptaient la plus grande part de femmes à des fonctions de direction, que ce soit un siège dans des conseils d’administration ou à manager d’équipes. En tête du classement figurent 9 pays provenant de pays issus de l’ancien bloc soviétique, notamment la Lituanie (44%) et la Bulgarie (43%) qui représentent le plus haut pourcentage.

La France, quant à elle, ne revendique que 28% de femmes à des fonctions à responsabilités. Elle est devancée entre autre par la Serbie, l’Ukraïne et la Roumanie en Europe Centrale, et par la Hongrie, l’Irlande, la Grèce, la Pologne et la Suède en Europe de l’Ouest. En dernier de ce classement figurent l’Égypte (16%), le Qatar (7%) et l’Arabie Saoudite (0%).

Les pays d’Amérique Latine, d’Asie et d’Afrique ne faisaient pas partie de cette étude particulière. Toutefois, nous pouvons nous tourner vers une étude similaire de McKinsey qui place la Chine 1% au-dessus de l’Égypte, suivie par l’Inde (8%) et le Japon (3%).

Il est facile par conséquent d’imaginer les obstacles auxquels un haut cadre féminin pourrait se heurter dans certains contextes interculturels. Prenons l’exemple de la sélection d’une personne pour un rôle à l’international vers un pays comme l’Inde ou la Chine. Dans une entreprise qui valorise la diversité, il serait impensable de justifier le déploiement d’un effectif en mission à l’étranger par rapport à son sexe. En revanche, il est clair que dans certains pays, une femme dirigeante se démarquerait des hommes qui l’entoureraient.

Il en revient alors aux entreprises d’investir dans le développement d’une politique de recrutement qui puisse prendre en compte les compétences utiles à la performance interculturelle, telles que la sensibilisation aux différences entre les cultures, la capacité à prendre en compte la communication non-verbale, ainsi que l’apprentissage des langues étrangères. Ce sont par ces critères que la performance de leurs collaborateurs à l’international pourra vraiment se distinguer.

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Sep 18

Aux alentours de 150 avant Jesus Christ, un astronome nommé Claudius Ptolemy a écrit un livre de méthodologie pour savoir réaliser de bonnes cartes du monde. Le texte, appelé « Géographie », est l’un des plus anciens destinés à cet usage. Il donnait des conseils sur l’usage des lignes géométriques, des latitudes et des longitudes pour avoir la carte la plus fiable possible. Mais ces conseils ne doivent pas nous faire oublier que tout cartographe provient d’un berceau culturel spécifique. Son travail est donc nécessairement subjectif. Finalement, malgré la globalisation mondiale, l’ethnocentrisme reste de mise et ce même en cartographie. The Economist est donc plus que réaliste lorsqu’il affirme qu’il n’y a rien de plus subjectif qu’une carte du monde.

Pour illustrer cette diversité, Mr Brotton vient de sortir un livre qui retrace l’histoire de 12 cartes d’origines et de périodes diverses. Les cartes réalisées au Moyen-Orient placent Jérusalem au centre et la Grande-Bretagne près du bord. Les britanniques mettent quant à eux leur pays au en plein cœur de la carte. On aurait pu penser que l’évolution de la technologie et l’arrivée des satellites allaient apporter plus d’objectivité mais les cartes sont encore aujourd’hui le reflet de leur auteur. Comme le dit Gilles A. Tiberghien, « c’est dans l’irréductible écart entre les cartes et le monde que s’exerce l’imaginaire de ceux qui les fabriquent, comme de ceux qui les consultent. »

Map of Middle East Juanmonino i Ethnocentrisme et cartographie – Comment la culture altère notre vision du monde

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Et si la cartographie était le reflet de l’ethnocentrisme latent dans nos sociétés ? Il n’est pas rare que la méconnaissance des pratiques culturelles ainsi qu’une certaine forme d’ethnocentrisme nous conduisent à croire que notre culture peut-être comprise facilement. Cet état d’esprit peut avoir des conséquences néfastes lors d’échanges interculturels et notamment durant des échanges commerciaux internationaux.

Certaines entreprises perdent ainsi des marchés prometteurs à cause d’impairs qu’elles auraient pu éviter avec une formation interculturelle spécifique. Un faux pas culturel d’un collaborateur au cours d’une réunion d’affaire peut entrainer une rupture pure et simple des négociations. Dans le cas d’une collaboration au sein d’équipes multiculturelles, les incidents culturels peuvent rendre la collaboration entre les équipes difficile voire impossible et mettre en péril la réalisation de leur mission.

Pour les entreprises internationales, développer la sensibilité culturelle des collaborateurs est donc devenu un enjeu majeur. Il est donc nécessaire d’aider les professionnels à s’adapter aux différences culturelles (rapport au temps ou à la hiérarchie par exemple). Il existe pour cela des formations interculturellesadaptées qui permettent une meilleure préparation lors de voyages d’affaires à l’étranger ou d’expatriation professionnelle. Celles-ci permettent de mieux comprendre la culture du pays d’accueil ou des collaborateurs expatriés et apportent des stratégies pour faciliter les interactions et échanges interculturels.

 

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Oct 07

L’attachement des Français à leur pays d’origine ne les empêchent pas de s’établir massivement à l‘étranger. Les Français sont en effet nombreux à avoir fait le choix de vivre hors de l’Hexagone : ils sont 1,5 millions à s’être inscrits au registre mondial des Français établis hors de France selon le publi-rédactionnel Focus, et ce chiffre est en constante augmentation. Il faut d’ailleurs y ajouter les expatriés non-inscrits au registre.

La globalisation et ses conséquences (délocalisations, création d’équipes internationales, etc.) expliquent en grande partie cette mobilité des Français en dehors des frontières de l’Hexagone. Mais l’expatriation est autant populaire auprès des Français car elle apporte en elle-même de nombreux avantages. L’expatrié acquiert des compétences linguistiques et professionnelles ainsi qu’une expérience internationale concrète qui boostera sans aucun doute sa carrière. De plus, la découverte d’un nouveau pays et d’une nouvelle culture accroitront son ouverture d’esprit ainsi que celle de sa famille, leur permettant ainsi de développer des compétences interculturelles inestimables.

Globes Mike Bentley i L’expatriation toujours en vogue chez les Français

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Quelles sont les destinations phares ? De manière générale, les pays francophones sont privilégiés. La Suisse occupe donc la première place du podium avec ses 143.000 Français inscrits au registre. Sa proximité avec la France, son niveau de vie élevé et sa francophonie partielle expliquent ce succès. Les cadres peuvent même prétendre à de meilleurs salaires qu’en France. Les Etats-Unis puis le Royaume-Unis complètent le podium des destinations les plus prisées pour l’expatriation ; ces deux pays présentent des opportunités de carrières très attractives, sans oublier leur cadre de vie agréable et la langue anglaise qui reste accessible. Cependant, ce sont la Chine et le Moyen-Orient qui ont enregistré les plus grandes hausses d’arrivée de Français en 2010, selon Capital.

Cependant, le Journal du Net nous met en garde face à une évolution de la notion d’expatrié : il s’agit de nos jours davantage de mobilité internationale que d’expatriation. En effet, les expatriations se comptent désormais en nombre de mois et non plus d’années, tandis que le nombre d’expatriés possédant un contrat français a fortement diminué ces dernières années, pour en arriver à 22% des salariés expatriés. Le marché du travail étant à présent internationalisé, l’embauche se base davantage sur des compétences que sur une nationalité donnée.

Comment se préparer à l’expatriation ? Partir vivre et travailler à l’étranger ne s’improvise pas, en effet, l’adaptation à un nouvel environnement culturel n’est pas chose aisée. La culture du pays d’accueil doit être appréhendée par l’expatrié avant son départ pour pouvoir éviter toute incompréhension voire conflit dus à des approches culturelles différentes. Les formations interculturelles sont d’excellentes solutions pour faire face à ce genre de challenge.

En particulier dans le milieu des affaires, une formation interculturelle est essentielle pour apporter à l’expatrié la connaissance et la compréhension du comportement de ses futurs collègues de travail et ainsi éviter tout malentendu. Il existe en effet différentes manières de travailler en équipe, de communiquer ou d’interagir avec la hiérarchie. Une formation interculturelle permet également une intégration réussie dans le pays d’accueil pour l’expatrié et sa famille. Par exemple, ils auront besoin de recréer un réseau d’amis, ce qui peut s’avérer difficile s’ils ne disposent pas d’une bonne compréhension de la culture locale. Ainsi, il est donc désormais fréquent de voir des entreprises offrir des formations ciblées à leurs collaborateurs mais également au membre de leurs familles.

© Communicaid Group Ltd. 2011

Nov 09

La Chine et l’Inde sont souvent perçues comme les destinations les plus exigeantes pour une mission à l’étranger. En réalité, tous les expatriés font face à des difficultés, quel que soit le pays.

Airplane Maurits Vink i Quelle est la destination la plus exigeante pour un expatrié ?

© istockphoto.com/ Maurits Vink

Nous pensons souvent que les cultures les plus éloignées de la nôtre sont les plus difficiles à comprendre et que partir dans un pays qui a d’apparentes similitudes culturelles ou linguistiques avec notre propre culture pose moins de problèmes d’adaptation. Pourtant, ce sont souvent dans ces pays que les expatriés rencontrent le plus de difficultés. Leur perception de la culture se base sur des stéréotypes et les différences culturelles auxquelles ils doivent faire face se révèlent plus importantes et plus éloignées de leur propre culture qu’ils ne le pensaient.

Prenons l’exemple de ressortissants britanniques qui s’expatrient aux Etats-Unis. Les deux pays parlant la même langue, on peut supposer que l’adaptation à la culture du pays respectif ne posera aucun problème. La réalité est plus sévère : penser que deux pays qui parlent la même langue ont une culture identique ou proche est en fait un leurre. Ces prétendues ressemblances culturelles peuvent en fait créer une sorte de frustration et mener à des incidents culturels. En effet, il existe de nombreuses différences culturelles entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et le fait que les deux pays parlent la même langue n’est pas une référence d’adaptation culturelle.

Le fait que deux pays parlent la même langue peut donc avoir des effets néfastes, car la langue est aussi une différence culturelle. Ainsi, les Américains connaissent peu les tournures de phrases et les nuances de l’anglais britannique et les Anglais peuvent ne pas comprendre le vocabulaire et le jargon utilisés dans le monde des affaires américain. Ces différences linguistiques au sein de la même langue peuvent conduire à des incompréhensions ou bloquer des négociations par exemple. Outre la langue, les différences culturelles se situent également au niveau du comportement, des valeurs ou des habitudes professionnelles. Le risque d’échec est donc important si l’on part sans préparation interculturelle.

S’expatrier ou effectuer une mission en Chine ou en Inde comporte également de nombreuses difficultés. Mais on admet plus facilement les spécificités culturelles de chacun de ces pays Ce fait explique que de nombreux expatriés choisissent de suivre une formation interculturelle avant leur départ. Il est important aussi de comprendre la distance qui existe entre connaître une culture et la vivre au quotidien. Vivre l’heure de pointe au quotidien dans les transports à New Delhi ou manger tous les jours la vraie cuisine chinoise en Chine sont des événements qui doivent être vécus pour être réellement compris.

Il est donc essentiel d’apporter aux futurs expatriés les outils pour comprendre les différences culturelles, ces valeurs et comportements qui sont autant de richesses que de défis. Vivre et travailler à l’étranger se prépare et suivre une formation interculturelleest certainement la meilleure solution pour aider le professionnel qui part en mission ou une famille qui s’expatrie à mieux vivre une expérience humaine unique.

© Communicaid Group Ltd. 2010

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