Suite au passage éclair du Président François Hollande accompagné d’une grosse délégation de chefs d’entreprises français à Beijing et Shanghaï, une question se pose parmi les commentateurs de l’évènement : est-ce que deux jours de visite constituent en somme une approche efficace étant donné l’objectif de ce voyage, qui était notamment de forger des relations fructueuses entre les dirigeants de grosses entreprises françaises avec leurs homologues chinois ?
A priori, deux jours paraîtraient plutôt courts, mais la prestation du chef d’État de la France lui-même ne manquera pas de donner aux chefs d’entreprises accès à des interlocuteurs figurants parmi les plus puissantes entreprises de la Chine, étant donné la nature hautement hiérarchisée de sa société.
La présence de cette délégation souligne l’importance indéniable que la France porte quant aux opportunités que représente un tel marché. Entendu sur France Inter, Frédéric Bouilhaguet, dirigeant d’une PME française ayant travaillé sur place, est clair : le potentiel commercial fait de la Chine « un pays de levier très important » – plus important selon lui que le Brésil, l’Inde ou les États Unis.
Toutefois les risques que toute entreprise encoure dans le contexte des affaires en Chine sont bien documentés, et il a été démontré que même les plus grandes d’entre elles ne sont pas à l’abri de situations qui puissent compromettre leurs chances de succès dans le marché chinois. Escroquerie, non-respect de la propriété intellectuelle et litige figurent parmi les graves conséquences d’un manque de connaissances du monde des affaires en Chine, et des sociétés telles qu’Altia Group, Schneider Électrique, Vuitton et Lego en ont déjà assumées les frais par le passé. Les enjeux peuvent sembler d’autant plus grands lorsqu’il s’agit des PME.
Mais loin s’en faut de tomber dans le piège des généralités quant à la fiabilité d’une collaboration entre sociétés françaises et chinoises. Il en revient essentiellement aux entreprises de préparer au mieux leurs intervenants. Figurant parmi les nombreux éléments d’une mission internationale, un investissement au préalable dans la formation linguistique et interculturelle devrait être considéré comme une étape nécessaire. Cet investissement permettra par la suite au personnel responsable de gérer avec plus de doigté toutes problématiques dans le pays grâce aux connaissances interculturelles qu’ils auront acquis.
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